160 ans de la Gazette du Canada — page 4

Un jeune pays trouve sa voix

Page précédente | Table des matières | Page suivante

Les origines du journal officiel du Canada remontent à la naissance du pays. La création de la Gazette du Canada, son histoire et son devenir sont indissociables de la croissance difficile de tout un pays. En temps de guerre comme en temps de paix, en période de prospérité comme en période de dépression, à l'ère des innovations qui ont bouleversé le monde industriel et transformé la planète en village, la Gazette du Canada a toujours été constante. Pris dans leur ensemble, les pages de cette publication sont le miroir d'un pays en évolution et les mots définissent qui nous sommes en tant que Canadiens.

Ce livre commémore le 160e anniversaire de la Gazette du Canada. La première partie relate l'histoire d'une publication qui reflète la croissance d'un pays tout autant qu'elle constitue un compte rendu historique du journal officiel du Canada. Cette histoire vient étayer la conviction selon laquelle toute personne a le droit de parole quant aux lois et règlements qui régissent la vie des citoyens du Canada. La deuxième partie, qui contient des faits historiques montrant l'évolution de la Gazette du Canada, a été rédigée à l'origine par Martha Foote, bibliothécaire juridique, et publiée en 1995 dans le journal électronique Government Information in Canada. Cette partie a été révisée en profondeur en vue de sa publication dans le présent livre.


La Gazette du Canada fait ses débuts
dans la nouvelle province du Canada

Au XIXe siècle, des ateliers d'impression étaient souvent établis en réponse aux besoins du Gouvernement. Somme toute, celui-ci ne disposait que de moyens limités pour communiquer avec les citoyens - le crieur public et la lecture publique étaient à peu près les seuls autres moyens de faire connaître les proclamations.

Les premières presses à imprimer, comme la presse à vis en bois importée d'Angleterre, ont accru les moyens de communication gouvernementale. Faire fonctionner une presse à imprimer était laborieux. Les imprimeurs devaient d'abord convertir le texte manuscrit en lignes-blocs. Ils assemblaient les lignes sur un composteur, lettre par lettre, puis ils les justifiaient en ajoutant des espaces à l'aide de tiges en plomb appelées, évidemment, espaces. Dès qu'ils avaient complété une page, ils la verrouillaient dans un cadre en métal et l'enduisaient d'encre. Ce procédé permettait d'imprimer environ 60 feuilles à l'heure.

Établie d'impresion

À la parution du premier numéro de la Gazette du Canada le samedi 2 octobre 1841, des gazettes officielles existaient déjà en tant que moyens de diffusion des avis du gouvernement. La Gazette du Canada est vite devenue la voix officielle du nouveau gouvernement de la province du Canada, supplantant les gazettes publiées par les anciennes provinces du Haut-Canada (devenue l'Ontario) et du Bas-Canada (devenue le Québec).


La nomination de l'imprimeur de la Reine, une décision prioritaire

Comprenant seulement trois pages, le premier numéro de la Gazette du Canada contenait une proclamation, deux nouvelles lois, un décret et deux nominations gouvernementales, dont l'une faisait de Stewart Derbishire et de George-Paschal Desbarats les imprimeurs conjoints de la Reine et les imprimeurs des lois dans la province du Canada et pour celle-ci. M. Derbishire était un Anglais qui avait précédemment été soldat, avocat et journaliste, tandis que M. Desbarats était un Canadien français qui avait acquis de solides assises dans le métier de l'imprimerie au sein de l'entreprise familiale.

Le titre d'imprimeur de la Reine remonte presque à la Confédération, époque où le Parlement du nouveau Dominion décidait que le recours à des imprimeurs privés comme imprimeurs officiels de la Couronne était trop onéreux. Une loi sanctionnée en 1869 exigeait qu'un haut fonctionnaire nommé imprimeur de la Reine soit chargé de superviser l'impression du journal officiel, la Gazette du Canada, et de tout autre travail d'impression demandé par les ministères.

Page précédente | Table des matières | Page suivante