ARCHIVÉE — Vol. 151, no 7 — Le 18 février 2017

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Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Fondement législatif

Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Ministères responsables

Ministère de l’Environnement
Ministère de la Santé

RÉSUMÉ DE L’ÉTUDE D’IMPACT DE LA RÉGLEMENTATION

(Ce résumé ne fait pas partie du Décret.)

Enjeux

Le gouvernement du Canada (le gouvernement) a procédé à une évaluation préalable des condensats de gaz naturel (voir référence 1), ci-après désignés par l’abréviation CGN, pour déterminer si ces substances pourraient constituer un danger pour l’environnement ou la santé humaine au Canada (voir référence 2). L’évaluation a déterminé que les CGN répondent à un ou plusieurs des critères énoncés à l’article 64 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [LCPE]. Par conséquent, le gouvernement propose d’ajouter les CGN à la liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE.

Contexte

Le Plan de gestion des produits chimiques (PGPC) est un programme gouvernemental visant à évaluer et à gérer les produits chimiques pouvant être nocifs pour la santé humaine ou l’environnement. Dans le cadre du PGPC, on a jugé que l’évaluation des CGN était prioritaire.

Description des substances, profil d’utilisation et sources de rejets

Les CGN sont une combinaison complexe d’hydrocarbures qui se condensent ou qui passent de la phase gazeuse à la phase liquide comme suit : pendant la production de pétrole et de gaz aux têtes de puits; dans les usines de traitement du gaz naturel; dans les gazoducs servant à la production, la collecte, la transmission et la distribution; ou dans les usines de chevauchement le long des principaux gazoducs. Ces substances sont des hydrocarbures comportant entre 2 et 30 atomes de carbone (C2 à C30), sans couvrir nécessairement toute cette gamme. Les principaux hydrocarbures contiennent généralement entre 5 et 15 atomes de carbone (C5 à C15) et l’on considère qu’ils sont des substances de composition inconnue ou variable, produits de réaction complexes ou matières biologiques (UVCB).

Bien que les CGN puissent être produits dans les sites d’extraction de pétrole ou de gaz naturel, leur production est surtout associée au gaz naturel. Au Canada, le gaz naturel est extrait dans plusieurs régions, principalement dans le bassin sédimentaire de l’Ouest canadien, qui couvre l’Alberta, ainsi que des parties du nord-est de la Colombie-Britannique et de l’ouest de la Saskatchewan. Il existe d’autres gisements de production de gaz naturel dans le sud de l’Ontario, dans une petite région du Nouveau-Brunswick, dans le sud-est du Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. En outre, on extrait du gaz naturel au large des côtes de la Nouvelle-Écosse.

Au Canada, les CGN sont surtout utilisés pour réduire la densité et la viscosité du pétrole brut lourd ou du bitume pour satisfaire aux exigences du transport par pipeline. Les CGN peuvent également être utilisés comme bases d’essence et de matières premières industrielles (voir référence 3). En 2012, des renseignements ont été déclarés en vertu de l’article 71 de la LCPE au sujet de trois CGN (numéros d’enregistrement du Chemical Abstracts Service 64741-47-5, 64741-48-6 et 68919-39-1). D’après ces renseignements, la quantité totale fabriquée en 2010 était comprise entre 100 millions et 1 milliard de tonnes métriques, la quantité importée se situait entre 100 000 et 1 million de tonnes métriques, et entre 100 millions et 1 milliard de tonnes métriques ont été transportées.

Les émissions de CGN par évaporation dans l’environnement peuvent provenir des réservoirs de stockage ou des activités de chargement ou de déchargement. En outre, les rejets dans l’environnement peuvent être dus aux déversements pendant la production, le stockage et le transport des CGN par pipeline, navire, camion et train. Les CGN peuvent également être rejetés dans l’environnement marin, à partir de l’eau produite (voir référence 4) contenant des CGN, par les installations pétrolières en mer, ou dans l’environnement terrestre par des déversements dans les installations pétrolières à terre. Les données sur les déversements passés divulguées par le secteur de l’énergie en amont à l’Alberta Energy Regulator indiquent que 531 déversements de CGN constituant un volume total d’environ 2,2 millions de litres sont survenus pendant 10 ans (de 2002 à 2011).

Activités actuelles de gestion des risques au Canada et à l’étranger

Le gouvernement du Canada a instauré un certain nombre de mesures de gestion des risques pour prévenir les déversements de CGN et réduire leurs impacts lorsqu’ils se produisent. Le transport des CGN est réglementé par la Loi sur l’Office national de l’énergie et la Loi sur la sûreté des pipelines (oléoducs et gazoducs terrestres), la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada (pour le transport maritime), la Loi de 1992 sur le transport des marchandises dangereuses (pour le transport par camion et par train) et la Loi sur la sécurité ferroviaire (pour le transport par train) (voir référence 5).

L’Office national de l’énergie est responsable des pipelines qui franchissent les frontières provinciales et internationales. En 2013, la réglementation fédérale touchant la prévention des dommages aux pipelines, comme le Règlement de l’Office national de l’énergie sur les pipelines terrestres, a été modifiée afin de renforcer les exigences concernant la gestion des systèmes en matière de sûreté, d’intégrité des pipelines, de sécurité, de protection de l’environnement et de gestion des urgences. La Loi sur la sécurité des pipelines, qui a reçu la sanction royale le 18 juin 2015, exigeait que de nouveaux règlements soient mis en place pour l’entrée en vigueur de la Loi le 19 juin 2016. La réglementation à jour sur la prévention des dommages a été publiée en juin 2016, et comporte un langage réglementaire modernisé, s’appuie sur les meilleures pratiques en matière de prévention des dommages et clarifie les pratiques de sécurité. En outre, le Règlement de l’Office national de l’énergie sur les usines de traitement régit la conception, la construction, l’exploitation et la fermeture de certaines installations utilisées pour le traitement, l’extraction ou la conversion de fluides, y compris les condensats de gaz naturel.

La Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada traite de la prévention de la pollution, notamment des déversements de pétrole pendant le transport maritime, des moyens d’intervention et des sanctions.

Le Règlement sur le transport des marchandises dangereuses stipule la classification des marchandises dangereuses, y compris les CGN, les moyens de leur confinement et les marques de sécurité qui doivent être appliquées, ainsi que les exigences concernant la documentation et la formation visant à accroître la sécurité pendant la manutention, l’offre de transport ou le transport de ces marchandises. Le Règlement comporte également des exigences touchant la déclaration des rejets réels ou prévisibles de marchandises dangereuses, et en cas de perte, de vol ou de manipulation illégale de marchandises dangereuses. Le Règlement exige également la mise en place d’un Plan d’intervention d’urgence (PIU) avant le transport ou l’importation de certaines marchandises dangereuses. Dans le cas des CGN, qui sont classifiés comme marchandises dangereuses sous le numéro UN1268 de l’ONU, on doit établir un PIU si on prévoit en transporter ou en importer un volume dépassant 10 000 L à l’aide de wagons-citernes.

Le Règlement de 2015 sur le système de gestion de la sécurité ferroviaire, pris en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire, exige des compagnies qu’elles créent un système de gestion de la sécurité afin d’assurer le niveau de sécurité le plus élevé possible dans les opérations ferroviaires. Ces opérations peuvent comprendre le transport de divers produits, dont des marchandises dangereuses comme les substances pétrolières. Le Code national de prévention des incendies du Canada, publié par le Conseil national de recherches du Canada, fixe les exigences minimales pour la construction des bâtiments, ce qui comprend les installations de stockage dans lesquelles on pourrait stocker des CGN. Ces exigences couvrent notamment la conception ou la construction de certains éléments d’installations prévus pour divers dangers, dont les CGN, et des mesures de protection tenant compte de l’utilisation prévue d’un bâtiment.

Aux États-Unis, plusieurs règlements relatifs aux CGN ont été pris dans le cadre des programmes des National Emission Standards for Hazardous Air Pollutants et des New Source Performance Standards du Clean Air Act.

Ces exigences réglementaires portent notamment sur la limitation des émissions par les réservoirs de stockage des CGN, et la détection et la réparation des fuites pour les secteurs « amont » et « aval ».

De nombreuses installations ont également mis en œuvre, sur une base volontaire, des technologies et des pratiques dans le cadre du programme Natural Gas STAR. Le transport des substances pouvant présenter un risque d’inflammabilité ou d’explosion, y compris les CGN, est réglementé par le règlement Hazardous Materials Regulations du département des Transports des États-Unis.

En Europe, la Directive relative aux émissions industrielles (prévention et réduction intégrées de la pollution), qui est entrée en vigueur en 2013, énonce les principes essentiels de la délivrance des permis et du contrôle des installations industrielles selon une approche intégrée et l’application des meilleures techniques disponibles. Les exploitants d’installations industrielles qui mènent des activités visées par la directive (y compris les raffineries) sont tenus d’obtenir un permis environnemental délivré par l’autorité nationale de leur pays. Le transport international des marchandises dangereuses, y compris les CGN, est réglementé par l’Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route, le Règlement concernant le transport international ferroviaire des marchandises dangereuses et des mesures semblables pour d’autres modes de transport.

Sommaire de l’évaluation

Sur la base des renseignements disponibles, une évaluation préalable des CGN a été réalisée afin de déterminer s’ils répondent à un ou plusieurs des critères d’une substance toxique telle qu’elle est définie à l’article 64 de la LCPE. De manière plus précise, il s’agit de déterminer si les substances pénètrent ou peuvent pénétrer dans l’environnement en une quantité ou concentration ou dans des conditions de nature à :

  • a) avoir, immédiatement ou à long terme, un effet nocif sur l’environnement ou sur la diversité biologique;
  • b) mettre en danger l’environnement essentiel pour la vie;
  • c) constituer un danger au Canada pour la vie ou la santé humaines.
Résultats de l’évaluation des effets sur la santé humaine

Les CGN peuvent contenir un certain nombre de substances pouvant avoir des effets sur la santé humaine, y compris le benzène, qui a été jugé cancérogène par le ministère de la Santé et plusieurs organismes internationaux de réglementation (voir référence 6). En raison de l’absence d’études toxicologiques pertinentes sur les CGN, les connaissances des effets sur la santé du benzène et d’autres substances pétrolières partageant des propriétés physico-chimiques similaires à celles des CGN, comme les naphtes à faible point d’ébullition (NFPE) et l’essence sans plomb, ont été prises en compte dans l’évaluation afin de déterminer si les CGN présentent ou non un risque pour la santé humaine au Canada.

Compte tenu des activités existantes de gestion des risques au Canada, l’évaluation a porté sur l’exposition par inhalation de la population générale vivant à proximité des sites de chargement et de déchargement et des réservoirs de stockage de CGN.

Exposition à long terme. On a caractérisé le risque pour la population générale de ces endroits découlant de son exposition sur une longue période par inhalation aux vapeurs de CGN, en la comparant à l’exposition annuelle au benzène en tenant compte des estimations du pouvoir cancérogène du benzène lorsqu’il est inhalé (voir référence 7). On a déterminé que le degré actuel d’exposition par inhalation à long terme pourrait constituer un risque pour la santé humaine chez les personnes vivant à proximité des sites de chargement ou de déchargement de volumes importants de CGN en vue de leur transport par rail ou par camion, et des sites de stockage des CGN (petits ou grands réservoirs).

Exposition à court terme. La caractérisation du risque associé à l’exposition à court terme aux émissions par évaporation de CGN depuis les réservoirs pour le stockage ou le transport comporte une comparaison des estimations de l’exposition sur 24 heures aux CGN ou au benzène avec les données concernant les effets sur la santé, obtenues pour le benzène et les CGN. Cette évaluation a déterminé que l’exposition par inhalation à court terme aux émissions de CGN par évaporation à proximité des sites ferroviaires de chargement et de déchargement de CGN peut être une source préoccupante pour la santé humaine.

Conclusions. Sur la base des renseignements disponibles sur la composition des CGN, de la nature cancérogène du benzène et des estimations de l’exposition par inhalation, il a été déterminé que les niveaux d’exposition potentielle au Canada peuvent présenter un risque pour la santé humaine des personnes vivant à proximité de certains sites de stockage et de chargement et de déchargement de volumes importants de CGN en vue de leur transport par rail ou par camion. Par conséquent, l’évaluation préalable a conclu que les CGN répondent au critère de l’alinéa 64c) de la LCPE (voir référence 8).

Résultats de l’évaluation environnementale

L’approche suivie pour la présente évaluation environnementale consistait à étudier les renseignements scientifiques disponibles et à tirer des conclusions basées sur le poids de la preuve. L’approche basée sur le poids de la preuve s’appuie sur plusieurs sources de données probantes pour prendre des décisions à toutes les phases d’une évaluation, y compris la caractérisation des risques (voir référence 9).

Les principales sources d’exposition aux CGN dans l’environnement devraient être les déversements sur terre et dans l’eau douce occasionnés par le transport et la production de pétrole et de gaz sur le continent, ainsi que les rejets en mer découlant de la production extracôtière de pétrole et de gaz.

En raison de leur grande volatilité, les CGN devraient subsister dans l’eau pendant un temps assez court. Par conséquent, les données de toxicité aiguë (à court terme) pour la létalité ou l’immobilisation ont été jugées les plus pertinentes pour évaluer l’impact des CGN sur les organismes aquatiques. Les CGN peuvent être néfastes pour les organismes du sol, et notamment avoir des effets herbicides graves sur les plantes, réduire la croissance végétale et nuire à la reproduction des invertébrés, voire causer leur mort.

Le risque pour l’environnement a été prédit d’après le nombre et le volume des déversements de CGN indiqués dans les données disponibles sur les déversements pour la période de 2002 à 2011, sur le sol et dans l’eau douce en Alberta, et les données sur les déversements en mer obtenues des provinces de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador. On a dénombré annuellement environ 50 déversements sur le sol et 2 déversements dans l’eau douce en Alberta, et environ un déversement en mer au large de la côte est du Canada. Diverses méthodes ont été utilisées pour estimer le nombre annuel de déversements d’un volume assez important pour créer des concentrations suffisantes dans le sol, l’eau douce ou l’eau de mer pour occasionner des effets néfastes sur les organismes. À partir du nombre annuel de déversements d’un volume suffisant pour causer des dommages, on a déterminé qu’il existe un risque d’effets néfastes pour les organismes du sol. Il existe aussi un risque d’effets néfastes sur les organismes d’eau douce, bien que le nombre annuel de déversements dans l’eau douce soit plus faible. À l’inverse, il existe un faible risque d’effets néfastes sur les organismes marins, en raison du faible nombre annuel de déversements d’un volume suffisant pour nuire à l’environnement marin (voir référence 10).

Compte tenu de toutes les sources de données présentées dans l’évaluation environnementale, on a déterminé que les CGN peuvent présenter des risques pour les organismes aquatiques et du sol près des sources de rejet, mais non pour l’intégrité générale de l’environnement dont dépend la vie. Par conséquent, l’évaluation préalable conclut que les CGN répondent au critère de l’alinéa 64a) de la LCPE, mais non au critère de l’alinéa 64b) de la LCPE.

Publications

Le 31 décembre 2016, le rapport final d’évaluation préalable des CGN a été publié sur le site Web des Substances chimiques du gouvernement. Sur la base des résultats de l’évaluation préalable finale des CGN, la ministre de l’Environnement et la ministre de la Santé (les ministres) ont conclu que les CGN répondent à un ou plusieurs des critères énoncés à l’article 64 de la LCPE et elles ont donc recommandé l’ajout de ces substances à l’annexe 1 de la LCPE (voir référence 11).

Objectifs

L’objectif du projet de Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) [projet de décret] vise à permettre au gouvernement de proposer des instruments de gestion des risques en vertu de la LCPE qui pourraient s’avérer nécessaires pour gérer les risques pour la santé humaine.

Description

Le projet de décret ajouterait les CGN (voir référence 12) à l’annexe 1 de la LCPE (la liste des substances toxiques).

Règle du « un pour un »

La règle du « un pour un » ne s’applique pas puisque le projet de décret n’impose aucune exigence pouvant créer un fardeau administratif.

Lentille des petites entreprises

La lentille des petites entreprises ne s’applique pas, car le projet de décret n’impose pas aux petites entreprises de frais liés à l’administration ou à la conformité.

Consultation

Les ministres ont publié un résumé de l’ébauche de l’évaluation préalable pour les CGN le 11 octobre 2014 dans la Partie I de la Gazette du Canada, en vue d’une période de 60 jours pour la réception des commentaires du public. Au cours de ces 60 jours, les parties prenantes des secteurs du pétrole, du gaz et des produits chimiques ont soumis des commentaires qui furent pris en compte lors de la rédaction du rapport final d’évaluation préalable des CGN. Un tableau résumant l’ensemble complet des commentaires reçus et les réponses du gouvernement est disponible sur le site Web des Substances chimiques au http://www.ec.gc.ca/ese-ees/default.asp?lang=Fr&n=7933A3C7-1. Voici un résumé des principaux commentaires et des réponses qui ont été données.

Aperçu des commentaires du public et des réponses

Les commentaires reçus portaient sur la méthode utilisée pour déterminer l’exposition, sur les lacunes dans les données et sur les incertitudes de l’évaluation.

Méthode. Les préoccupations soulevées au sujet de la méthode portaient surtout sur les outils utilisés pour modéliser l’exposition et les émissions de CGN. Les parties prenantes ont indiqué que les outils de modélisation utilisés étaient périmés, prudents, imprécis et qu’ils ne considéraient que le benzène comme composant préoccupant des CGN. Les responsables gouvernementaux ont répondu que l’évaluation est basée sur les meilleures données disponibles et vise à déterminer des scénarios d’exposition potentiellement préoccupants pour la population générale, plutôt que l’exposition et le risque propres à un site ou à une unité de traitement en particulier. Malgré l’utilisation de valeurs prudentes, les expositions ont été modélisées dans des conditions qui sont comparables à celles utilisées dans d’autres rapports d’évaluation préalable publiés dans le cadre du PGPC. Le benzène a été choisi pour représenter le risque préoccupant le plus important pour la santé dû à l’exposition à long terme aux CGN, en raison de sa cancérogénicité. De plus, on ne disposait pas de données toxicologiques sur les effets critiques (à court et à long terme) des CGN sous forme de mélange entier.

Fréquence et volume des déversements. Les parties prenantes ont demandé pourquoi on avait examiné les déversements pour déterminer les risques, malgré la faible proportion de déversements de CGN par rapport à leur volume de production. Les responsables gouvernementaux ont répondu que les déversements de CGN ont été pris en compte dans l’évaluation parce qu’ils se produisent à une fréquence élevée et qu’ils sont la plus importante source de CGN rejetés dans l’environnement.

Réduction volontaire des déversements et gestion des risques. Les parties prenantes ont indiqué que les activités visant à réduire les déversements devraient être reconnues, et que l’on devrait chercher à réaliser des gains d’efficience en établissant des synergies avec les initiatives en cours. Les responsables gouvernementaux ont répondu que les mesures proposées de gestion des risques environnementaux constatés porteront sur les pratiques et les technologies disponibles afin de réduire le nombre de déversements et leur impact. Il s’agira notamment de tenir compte des initiatives en cours, par exemple celles qui sont réalisées au palier fédéral afin de renforcer la sécurité des pipelines et du réseau ferroviaire. Les parties prenantes ont également demandé pourquoi il fallait inclure les CGN dans la réglementation fédérale sur les urgences environnementales (l’outil de gestion des risques qui est actuellement à l’étude). Les responsables gouvernementaux ont répondu que l’ajout des CGN au Règlement sur les urgences environnementales aiderait à prévenir les rejets accidentels par les installations fixes, et pourrait contribuer à l’objectif global de réduire le nombre et l’impact des déversements.

Justification

Les CGN peuvent être rejetés par des fuites ou des déversements pendant leur production, leur traitement, leur transport ou leur stockage. L’évaluation des effets sur la santé humaine a permis de constater qu’à long terme, des préoccupations pourraient survenir pour la santé d’une partie de la population vivant au voisinage de sites où sont chargés ou déchargés des volumes importants de CGN en prévision de leur transport par rail ou par camion, ou à proximité d’installations de stockage des CGN. Les degrés d’exposition par inhalation à court terme à proximité des sites ferroviaires de chargement et de déchargement ont également été jugés potentiellement préoccupants pour la santé humaine. En outre, l’évaluation préalable a conclu que les CGN pouvaient être néfastes pour les organismes aquatiques d’eau douce et les organismes du sol, d’après le volume et la fréquence des déversements, et également en raison de la toxicité des CGN pour ces milieux environnementaux.

Sur la base des renseignements reçus en vertu de la LCPE, et compte tenu des préoccupations pour la santé humaine et l’environnement associées aux CGN, l’évaluation préalable a conclu que les CGN répondent au critère relatif à la santé humaine tel qu’il est défini à l’alinéa 64c) de la LCPE et au critère de protection de l’environnement tel qu’il est défini à l’alinéa 64a) de la LCPE. Une des mesures suivantes doit être proposée après qu’une évaluation est réalisée en vertu de la LCPE :

  1. ne prendre aucune mesure à l’égard de ces substances en vertu de la LCPE;
  2. inscrire la substance sur la liste des substances d’intérêt prioritaire en vue d’une évaluation plus détaillée;
  3. recommander l’inscription de la substance sur la liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE et, le cas échéant, recommander des mesures en vue de son élimination virtuelle.

L’ajout proposé des CGN à l’annexe 1 de la LCPE permet au gouvernement de proposer des outils de gestion des risques afin de gérer les risques pour la santé humaine et pour l’environnement posés par les CGN, et des trois options susmentionnées, c’est celle qui est préférée. L’option de l’élimination virtuelle ne s’applique pas aux CGN (voir référence 13).

L’inscription proposée des CGN à l’annexe 1 de la LCPE n’entraînerait pas de répercussions supplémentaires (avantages ou coûts) pour le public ou l’industrie, puisque le projet de décret n’imposerait pas d’exigences de conformité aux parties prenantes. Par conséquent, il n’y aurait pas de fardeau administratif sur les petites entreprises ou les entreprises en général.

Si d’autres mesures de gestion des risques sont jugées nécessaires pour les CGN, le gouvernement évaluera les coûts et les avantages, et consultera le public et les autres parties prenantes pendant l’élaboration de telles mesures visant à répondre aux préoccupations potentielles pour la santé humaine et l’environnement associées aux CGN au Canada.

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, la proposition a fait l’objet d’une évaluation environnementale stratégique dans le cadre du PGPC (voir référence 14).

Mise en œuvre, application et normes de service

Le projet de décret vise à ajouter les CGN à l’annexe 1 de la LCPE. La version définitive du décret permettrait l’élaboration et la publication de règlements ou d’instruments en vertu de la LCPE, le cas échéant. L’établissement d’un plan de mise en œuvre, d’une stratégie de conformité ou de normes de service n’est pas jugé nécessaire pour ce projet de décret.

Personnes-ressources

Greg Carreau
Division de la mobilisation et du développement de programmes
Ministère de l’Environnement
Gatineau (Québec)
K1A 0H3
Ligne d’information de la gestion des substances :
1-800-567-1999 (sans frais au Canada)
819-938-3232 (de l’extérieur du Canada)
Télécopieur : 819-938-5212
Courriel : eccc.substances.eccc@canada.ca

Michael Donohue
Bureau de la gestion du risque
Ministère de la Santé
Ottawa (Ontario)
K1A 0K9
Téléphone : 613-957-8166
Télécopieur : 613-952-8857
Courriel : michael.donohue2@canada.ca

PROJET DE RÉGLEMENTATION

Avis est donné, conformément au paragraphe 332(1) (voir référence a) de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir référence b), que le gouverneur en conseil, sur recommandation de la ministre de l’Environnement et de la ministre de la Santé et en vertu du paragraphe 90(1) de cette loi, se propose de prendre le Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999), ci-après.

Les intéressés peuvent présenter à la ministre de l’Environnement, dans les soixante jours suivant la date de publication du présent avis, leurs observations au sujet du projet de décret ou un avis d’opposition motivé demandant la constitution de la commission de révision prévue à l’article 333 de cette loi. Ils sont priés d’y citer la Partie I de la Gazette du Canada, ainsi que la date de publication, et d’envoyer le tout au directeur exécutif, Division de la mobilisation et de l’élaboration de programmes, ministère de l’Environnement, Gatineau (Québec) K1A 0H3 (téléc. : 819-938-5212; courriel : eccc.substances.eccc@canada.ca).

Quiconque fournit des renseignements à la ministre de l’Environnement peut en même temps présenter une demande de traitement confidentiel aux termes de l’article 313 de cette loi.

Ottawa, le 2 février 2017

Le greffier adjoint du Conseil privé
Jurica Čapkun

Décret d’inscription de substances toxiques à l’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999)

Modification

1 L’annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999) (voir référence 15) est modifiée par adjonction, selon l’ordre numérique, de ce qui suit :

Condensats de gaz naturel (combinaison complexe d’hydrocarbures dont le nombre de carbones se situe principalement dans la gamme C5-C15 condensés pendant la production au niveau de la tête de puits, dans des usines de traitement du gaz naturel, dans des gazoducs ou dans des usines de chevauchement), y compris leurs distillats liquides dont le nombre de carbones se situe principalement dans la gamme C5-C15

Entrée en vigueur

2 Le présent décret entre en vigueur à la date de son enregistrement.

[7-1-o]

  • Référence 1
    Les condensats de gaz naturel constituent une classe de substances associées au secteur pétrolier qui partagent des sources, des propriétés et des utilisations similaires.
  • Référence 2
    Veuillez consulter l’évaluation préalable des condensats de gaz naturel à http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/petrole/group-4/index-fra.php#a32.
  • Référence 3
    Même si on pensait au départ que les CGN étaient présents dans les produits de consommation, l’évaluation n’a trouvé que des utilisations industrielles pour ces substances au Canada. Il est donc à prévoir que la population générale ne serait pas exposée aux CGN par l’intermédiaire des produits de consommation.
  • Référence 4
    L’eau produite comprend l’eau qui est présente naturellement dans les formations rocheuses desquelles le pétrole ou le gaz est extrait, l’eau injectée dans les puits afin de faciliter l’extraction du pétrole ou du gaz, et l’eau qui est produite lors du traitement initial du gaz sur les plateformes de forage en mer (par exemple assèchement du gaz).
  • Référence 5
    Pour de plus amples renseignements sur les activités de gestion des risques associés aux CGN, veuillez consulter le document sur l’approche pour la gestion des risques à http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/petrole/group-4/index-fra.php#a32.
  • Référence 6
    Le benzène figure comme substance toxique à liste des substances toxiques de l’annexe 1 de la LCPE. Il est également classé comme cancérogène de groupe 1 (substance cancérogène pour les humains) par la Commission européenne et le Centre international de recherches sur le cancer (CIRC).
  • Référence 7
    Les estimations du pouvoir cancérogène du benzène, déjà réalisées par le gouvernement, désignent le risque de cancer par unité d’exposition au benzène.
  • Référence 8
    Pour de plus amples renseignements sur l’évaluation des CGN et leurs effets sur la santé humaine, veuillez consulter le rapport d’évaluation préalable au http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/petrole/group-4/index-fra.php#a32.
  • Référence 9
    Ces sources de données peuvent comprendre les quotients de risque, les résultats d’analyses probabilistes, des preuves de dommage obtenues sur le terrain, des preuves de persistance et de potentiel de bioaccumulation, ainsi qu’un degré d’exposition élevé ou en croissance.
  • Référence 10
    Pour de plus amples renseignements sur l’évaluation environnementale des CGN, veuillez consulter l’évaluation préalable au http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/petrole/group-4/index-fra.php#a32.
  • Référence 11
    Ces publications sont disponibles sur le site Web des Substances chimiques ou auprès de la Division de la mobilisation et de l’élaboration de programmes, Environnement et Changement climatique Canada, Gatineau (Québec) K1A 0H3; par télécopieur au 819-938-3231, ou par courriel à eccc.substances.eccc@canada.ca.
  • Référence 12
    Les condensats de gaz naturel (combinaison complexe d’hydrocarbures dont le nombre de carbones se situe principalement dans la gamme C5 à C15 condensés pendant la production au niveau de la tête de puits, dans des usines de traitement du gaz naturel, dans des gazoducs ou dans des usines de chevauchement), y compris leurs distillats liquides dont le nombre de carbones se situe principalement dans la gamme C5 à C15.
  • Référence 13
    L’option de l’élimination virtuelle ne s’applique pas aux CGN, car il s’agit de substances UVCB complexes, de composition variable et qui consistent en des centaines de composants, chacun ayant ses propres caractéristiques de persistance et de bioaccumulation. La détermination du potentiel de persistance et de bioaccumulation, par rapport aux critères réglementaires de la LCPE concernant l’élimination virtuelle, n’est pas réalisable pour une substance aussi complexe et variable.
  • Référence 14
    Veuillez consulter le site : http://www.chemicalsubstanceschimiques.gc.ca/plan/sea-ees-fra.php.
  • Référence 15
    L.C. 1999, ch. 33
  • Référence a
    L.C. 2004, ch. 15, art. 31
  • Référence b
    L.C. 1999, ch. 33